Une diplômée dans les patates! 

Publié le 20 novembre 2025

Connaissez-vous les chips Miett? Disponibles dans 55 points de vente à travers la province, elles sont goûteuses, croustillantes … et faites à la main par Jennifer Charland, une diplômée du programme Cuisine professionnelle de l’ITHQ. 

Nature, BBQ Érable, Sel et Sumac, Jardin pimenté, Soupe à l’oignon et miso : les cinq saveurs originales des chips Miett sont si populaires qu’à ce temps-ci de l’année, la plupart des points de vente sont à sec. « On est un peu victimes de notre succès. On doit dire non à beaucoup d’endroits, parce qu’on demeure une petite entreprise », dit Jennifer Charland.  

De la ferme au sac 

C’est à la suite de son déménagement sur une terre agricole, à Mirabel, que l’idée de faire des chips artisanales germe dans la tête de Jennifer.

« Il n’y avait pas d’offre pour des chips artisanales québécoises. Tout ce que je trouvais, c’étaient des marques européennes. »

C’est ainsi que Jennifer a cofondé Miett avec son ami Jean-Philippe Matteau en 2022 et que les premières pommes de terre ont été plantées… sans oublier les autres ingrédients nécessaires à la confection des différentes saveurs.

Je voulais vraiment que ça soit des chips de la ferme au sac. Ce n’est pas tout le monde qui le réalise. On cultive les pommes de terre, mais aussi les autres choses qu’on met dans le sac. Pour nous, c’était important que ça soit tout fait au même endroit.

Jennifer Charland

Trois exceptions : l’huile de cuisson – une huile de tournesol biologique de Saint-Jean-Port-Joli –, le sel – « le grain des sels québécois n’est pas assez fin pour nous » – et le Miso Massawippi. 

Après les récoltes commence le travail de transformation : apprêter les pommes de terre, les faire frire, les peser, les mettre en sacs et les livrer dans les différents points de vente. Tout ce travail est fait par Jennifer, Jean-Philippe… et beaucoup de main-d’œuvre familiale (fiou!). 

Les défis de la croissance 

En 2022, première année de production des chips Miett, 19 tonnes de pommes de terre ont été récoltées pour un total de près de 20 000 sacs. En 2023, la superficie de culture a triplé pour atteindre environ 60 000 sacs, soit près de 750 sacs par jour de cuisson. Ce chiffre est à peu près stable depuis, principalement en raison de la friteuse. « On est encore dans nos installations initiales, mais on a acheté plus d’équipement. Et plus on s’équipait, plus on constatait que le goulot d’étranglement était la friture », raconte Jennifer.  

Si cela peut paraître simple d’acheter une friteuse pour régler le problème, la réalité est toute autre. « Il n’y a pas vraiment d’équipement, ici, pour les chips artisanales. Tout est fait pour une production industrielle », explique la jeune entrepreneure. Jennifer et Jean-Philippe ont donc dû magasiner en Europe, où ils ont trouvé une friteuse espagnole pour répondre à leurs besoins. Puisque les délais de livraison sont très longs, le duo en profite pour construire un nouveau bâtiment qui répondra mieux à leurs besoins de production et qui sera assez grand pour ce nouvel équipement.

« La nouvelle friteuse, si on se fie à ce que la compagnie nous a dit, va nous permettre de produire 7 000 sacs en cinq heures de friture. On espère avoir assez de patates!   »

Entrepreneure… et agricultrice 

Parlant de patates, Jennifer mentionne que de tous les rôles qu’elle joue au sein de l’entreprise, son préféré est celui d’agricultrice. « Être dans le champ, c’est vraiment mon dada. Apprendre aussi, en même temps. Parce que c’est le domaine qui est le plus nouveau pour moi », dit celle qui a étudié en nutrition avant d’aller à l’ITHQ. 

De tous les apprentissages faits « sur le tas » depuis qu’elle est agricultrice, Jennifer mentionne la résilience. « Cette année, c’est un manque d’eau, mais il y a deux ans, il y a eu énormément de pluie. Ça me réveillait la nuit. Apprendre à faire avec la météo, sur laquelle tu n’as aucun contrôle, c’est quelque chose que j’avais peut-être un peu plus de difficultés au début. » 

Un autre défi pour l’agricultrice : la nécessaire rotation des cultures. « On a besoin d’avoir trois hectares de terre pour cultiver un hectare de pommes de terre. Chaque fois qu’on grossit, il faut multiplier par trois. » Sur les hectares où ne poussent pas de pommes de terre, les entrepreneurs font pousser des engrais verts. « C’est super, mais ce n’est pas profitable au point de vue monétaire. On est à la recherche d’un autre aliment qu’on ferait pousser et qu’on pourrait transformer », dit-elle. 

Plein de projets 

Dès l’année prochaine, avec l’arrivée de la nouvelle friteuse et l’installation dans le nouveau bâtiment, les jeunes entrepreneurs auront plus de temps pour alimenter les nombreux projets qui sont sur leur liste. Parmi eux : l’augmentation des points de vente – « on aimerait avoir au moins 150-200 points de vente pour pouvoir répondre à la demande, mais aussi être présents dans des événements (vernissages dans les musées, festivals de musique, etc.) et dans le monde hôtelier » –, la transformation d’un autre produit pour rentabiliser la rotation des cultures, et des événements de visite à la ferme pour le public – « on ne sait pas si ça va être une formule ouverte tout le temps, ou plus pop-up avec des chefs, des vignerons, etc. Mais on veut développer un espace pour ça. On pense que les chips c’est bon avec tout et c’est ce qu’on veut mettre de l’avant! »