Après de longues études en musique, Delphine Lou Fontaine Picard s’est inscrite au Baccalauréat en gestion du tourisme et de l’hôtellerie. Son parcours, qui n’a rien de classique, l’a menée au poste de directrice du Centre du phoque, aux Îles-de-la-Madeleine. Rencontre avec une diplômée dont le leadership naturel et l’engagement envers les communautés locales ont récemment été récompensés.
Delphine Lou Fontaine Picard a eu la piqûre pour l’industrie touristique quand elle a commencé à travailler pour une auberge de jeunesse de Montréal. « De faire découvrir la ville à des gens qui voulaient savoir les bons endroits où aller, on dirait que ça m’a vraiment passionnée », raconte-t-elle. Pour développer ses compétences et en apprendre plus sur ce domaine, le Baccalauréat en gestion du tourisme et de l’hôtellerie, offert conjointement avec l’ESG UQAM, s’est imposé.
Pendant son bac, Delphine Lou a souvent entendu le professeur Dominic Lapointe parler du tourisme aux Îles-de-la-Madeleine, des spécificités de cette région qui connait un important achalandage pendant quelques mois seulement. Curieuse, l’étudiante a fini par s’y rendre pour un été. Pendant ce séjour, elle a travaillé dans un bistro à Grande-Entrée et au camping et auberge La Salicorne. Air salin, paysages à couper le souffle, maisons colorées, population accueillante et saveurs locales… Le charme des Îles a opéré! L’été suivant, lorsque le Centre du phoque, un écomusée citoyen visant à valoriser le mode de vie maritime, lui a proposé de venir y faire son stage de fin d’études, elle n’a pas hésité et y est retournée.

De stagiaire à directrice
Depuis la fin de son stage en 2022, les événements se sont enchaînés rapidement pour Delphine Lou. Le Centre du phoque a commencé à lui confier plusieurs contrats en télétravail, notamment pour la coordination d’événements annuels dont Le Rendez-vous loup-marin. La nouvelle diplômée a su démontrer qu’elle avait les capacités et la volonté de faire rayonner l’institution et ses différentes initiatives. C’est ainsi qu’on lui a offert le poste de directrice.
« Ça a été quand même rapide, mais on dirait que ça s’est fait naturellement. »
Depuis qu’elle occupe ce poste, Delphine Lou met tout en œuvre pour faire connaître le Centre du phoque auprès des touristes et pour l’enraciner davantage dans la population locale. Au cœur de son engagement : la communauté madeleinoise.
C’était déjà dans la philosophie du Centre de travailler avec la communauté, mais je pense que ce que j’ai apporté, c’est de bonifier les actions qui avaient été mises en place dans les années précédentes, de les faire vivre et de les valoriser.
Faire rayonner la culture locale
Pour faire rayonner le Centre du phoque, Delphine Lou mise notamment sur les différents prix de reconnaissance organisés à travers la province. « On fait un exercice de veille pour savoir ce qui se passe. Au niveau de la culture, pour avoir accès à des subventions, ça a un impact », souligne-t-elle.
C’est ainsi qu’en 2024, le Rendez-vous loup-marin a remporté le Prix Coup de cœur aux Prix Fourchette bleue et le Prix Événement gastronomique de l’année au Gala des Lauriers de la Gastronomie québécoise.
« On a vraiment travaillé fort pour innover avec l’événement, notamment en offrant des ateliers pratiques dans la programmation. »
Ces initiatives ont non seulement permis de donner un nouveau souffle à cet événement qui existe depuis 2010, mais aussi de mobiliser et de motiver la petite équipe qui travaille au Centre du phoque.
À ces prix s’ajoute le Prix coup de cœur de la Fondation Alliance pour la relève, que Delphine Lou a reçu en avril dernier pour son leadership. « Je pense que pour être un bon leader, il faut qu’il y ait une grande partie qui se fasse naturellement. Il faut être capable de penser aux autres autant qu’à soi-même, c’est comme ça que je travaille. Je pense que les gens le ressentent et qu’au final, c’est pour ça que tout le monde a le goût de donner du sien », dit-elle humblement.

Suivre le rythme
Delphine Lou partage son temps entre les Îles-de-la Madeleine, où elle passe un peu plus de la moitié de l’année, et Montréal, d’où elle fait du télétravail en basse saison. Ce rythme de vie, en alternance entre ville et région, lui sied parfaitement et elle n’a pas l’intention de l’abandonner.
« Ma famille et mes amis sont à Montréal, je ne me verrais pas être loin de mon monde à l’année. »
Au cours des prochaines années, elle entend se pencher, avec son équipe, sur une nouvelle image de marque pour le Centre du phoque. « On est en grand processus pour essayer de trouver un nouveau nom et pour refaire notre identité visuelle. Depuis la création de la fondation en 1991 et l’ouverture du musée en 1994, il n’y a pas eu de changement majeur. Ça s’appelle le Centre du phoque, mais on ne fait plus vraiment d’interprétation comme tel sur le phoque, c’est plus le mode de vie maritime que l’on souhaite valoriser. On a beaucoup d’événements aussi. On veut trouver un nom parapluie pour tout ça. Ce sont de gros défis qui s’en viennent! »
